François-René de Chateaubriand - Mémoires d'outre tombe
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Je marchais sur la plage désertée de la mer. Les grèves abandonnées du
flux m'offraient l'image de ces espaces désolés que les illusions
laissent autour de nous lorsqu'elles se retirent.
LE CHAT ET LE SOLEIL Le chat ouvrit les yeux, Le soleil y entra. Le chat ferma les yeux, Le soleil y resta. Voilà pourquoi, le soir, Quand le chat se réveille, J’aperçois dans le noir Deux morceaux de soleil.
Je suis devenu solitaire, ou, comme ils disent, insociable et misanthrope, parce que la plus sauvage solitude me paraît préférable à la société des méchants, qui ne se nourrit que de trahisons et de haine.
A la mi-carême Le carnaval s'en va, les roses vont éclore ; Sur les flancs des coteaux déjà court le gazon. Cependant du plaisir la frileuse saison Sous ses grelots légers rit et voltige encore, Le Printemps inquiet paraît à l'horizon. Du pauvre mois de mars il ne fait pas médire ; Bien que le laboureur le craigne justement, L'univers y renaît ; il est vrai que le vent, La pluie et le soleil s'y disputent l'empire. Qu'y faire ? Au temps des fleurs, le monde est un enfant ; C'est sa première larme et son premier sourire. C'est dans le mois de mars que tente de s'ouvrir L'anémone sauvage aux corolles tremblantes. Les femmes et les enfants appellent le zéphir ; Et du fond des boudoirs les belles indolentes, Balançant mollement leurs tailles nonchalentes, Sous les vieux marronniers commencent à venir. Alfred de Musset
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